humour…jaune

Publié le par Michèle Soullier

J'adore les enfants et ils me le rendent bien !

J'ai longtemps rêvé d'avoir des enfants. Ces êtres d'amour vous comblent de joie. Mais j'ai attendu en vain le prince charmant qui devait coopérer à cette œuvre sublime.

Aujourd'hui, à 70 ans bien sonnés, mon amour pour eux est resté intact. Et pour mon plus grand bonheur, je vis juste à côté d'une école. La fenêtre de ma cuisine plonge directement dans la cour de récréation. Si bien que plusieurs fois par jour, je peux entendre leurs hurlements joyeux et observer leurs jeux innocents.

Parfois, c'est le petit rondouillard qui semble être le centre d'intérêt de ses camarades. D'autre fois c'est le grand gringalet à lunettes qui est l'élu. Cinq ou six de leurs congénères leur tombent dessus, et pas toujours tendrement, jusqu'à ce que le maître intervienne pour interrompre leurs fougueuses parties. Ils sont toujours plein d'imagination les enfants pour meubler leurs récréations. Je les ai également vu, ces petits anges, se chamaillant par bandes entières, se lançant des noms d'oiseaux que seule la poésie enfantine est capable d'inventer. J'entends des « ta mère »...Qu'est-ce qu'ils l'aiment leur mère ! C'est touchant.

Puis, il y a les jeux des filles. Plus subtils, je dois les observer de près pour comprendre leurs codes. Elles ont fini par me repérer à ma fenêtre et une complicité s'est installée entre nous. Souvent, elles me regardent et se mettent à rire puis me font des gestes, pas joli joli...mais c'est sans malice bien sûr. Ces fillettes sont simplement taquines.

Les petits gars, quant à eux, se font un plaisir de sonner à ma porte et de partir en courant, ou s'amusent à balancer par dessus le grillage leurs papiers de bonbons, leur boîtes de coca, ou je ne sais quelle saleté. Ils narguent Bobby, mon doberman qui se déchaîne en aboiements. Enfin, des petites espiègleries qui rythment mon quotidien un peu morne.

Mais moi aussi je suis joueuse, et ça me plait de donner le change. L'an dernier, pour Halloween, je leur avais concocté une petite farce. Pas méchante, juste...des bonbons au piment. Et lorsque la bande de marmots grimés et costumés, ont sonné à ma porte, je les attendais de pied ferme. Dommage que je n'ai pu assister à la dégustation, mais je me suis régalée quand même en pensée. Quelque temps plus tard, je me suis demandé si les géranium peints en bleu n'était pas une petite vengeance de leur part.

Une autre fois, alors qu'un ballon était tombé malencontreusement dans mon jardin, et qu'un gamin avait franchi la clôture pour le récupérer, j'ai fait semblant de ne pas voir Bobby lui courir derrière les talons. Je ne sais pas pourquoi ce gros bêta s'est mis à paniquer. Bobby est un bon chien, tellement affectueux. Je l'ai rappelé et j'ai crié : « n'aie pas peur, il n'est pas méchant ». Je crois que le gamin m'en a voulu. Le lendemain, je l'ai surpris avec toute sa bande derrière mon portail. Qu'étaient-ils en train de manigancer ces petits coquins ? J'étais sur le qui-vive. Je me doutais de quelque-chose. C'est lorsque j'ai retrouvé Tibert, mon vieux matou, l'air hagard, tout poisseux, badigeonné de colle que j'ai compris.

Voyez comme ces chers petits sont courageux ! Ils n'ont pas osé s'en prendre à Bobby et se sont rabattu sur un malheureux chat innocent. Bon, la colle à tapisserie, ça se nettoie à l'eau, mais mon pauvre Tibert a passé un bien salle quart d'heure.

Enfin, des petites farces de ce genre, je pourrais vous en raconter encore. Elles sont notre façon à nous d'entretenir l'amitié, elles mettent un peu de piment dans notre existence.

Oui, vraiment. J'adore les enfants...et ils me le rendent bien !

Photographie de Tristan Zilberman

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